Matto, Ixelles, Belgique

À Ixelles, à deux pas de la place Flagey, une maison de maître cache un duo d’adresses bien senties : au rez-de-chaussée, Ciccio, spot à painza (sorte de pizza à base de farines de pain artisanales) ; à l’étage, Matto (fou, en italien), boudoir bistronomique aux influences transalpines qui s’affranchit de l’éternelle offre pâtes-pizza. Le fil conducteur ? Mario Olimpio, un patron créatif — également à la tête de Primo, sur la même chaussée de Vleurgat — qui secoue les codes italiens avec malice et audace.

Pour rejoindre Matto, il faut sonner, ce qui donne l’agréable impression d’être attendue. À l’intérieur, ambiance intimiste et chic décontracté : murs bleu canard profond, moulures, hauteur sous plafond, un décor feutré mais vibrant, élégant sans se prendre au sérieux, qui séduit instantanément.

Ce mardi-là, comme chaque mardi, la bistronomie flirte avec le jazz. Au programme : un menu en quatre mouvements, pensé comme une partition gourmande par un chef inspiré, Giorgio Spatafora. À chaque escale — mise en bouche, painza, plat froid, plat chaud — deux propositions, mais un seul choix par table, histoire de partager et de picorer ensemble. Pour accompagner le tout, deux musiciens en live, un duo hors du tempo urbain, assez doux pour qu’on puisse se parler sans hausser la voix, assez swingant pour installer un moment singulier.

« On propose une bistronomie saisonnière réconfortante, principalement locale aux influences italiennes », glisse le chef de salle. Démonstration immédiate avec des pommes de terre rôties, escortées d’une mayo légèrement piquante relevée à la nduja — un aller simple pour la Calabre.

Puis la painza entre en scène, nappée de mousse de ricotta aux châtaignes, scamorza fumée, jeunes épinards et fines tranches de coppa de Parme. Première bouchée : révélation. Plus aérienne qu’une pizza, ce petit format oval séduit illico. Une part… deux parts… trois… On s’arrête là, histoire de préserver un peu d’appétit pour la suite.

Le premier plat poursuit la partition : artichaut, crème de céleri truffée, citron confit, noisettes, pecorino — un festival de saveurs. Le fenouil rôti à la sambuca, posé sur un écrasé de potiron avec stracciatella de burrata et aneth, suit la même logique : une cuisine libre, généreuse, sans chichi, mais d’une précision gourmande qui fait mouche.

Pour clore le bal, un Mont-Blanc version maison : crème fouettée à la vanille, meringue, purée de marron. Une petite bombe.

Une magnifique soirée placée sous le signe de la convivialité : jazz dans la salle, éclats de saveur dans l’assiette. On y retournera.

Photos ©Servane Calmant, sauf 1©Matto

https://www.cicciomatto.com/matto

https://www.instagram.com/matto.brussels/


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