À Marrakech, Valérie Barkowski n’a pas seulement déposé ses valises : elle a amené avec elle un goût très sûr pour le beau. Créatrice de linge de maison brodé à la main et ourlé de pompons (sa signature), elle a investi la médina pour y ouvrir Dar Kawa, une maison d’hôtes à l’abri du tumulte. Le lieu fut autrefois une zaouïa, un espace de méditation sous l’autorité d’une confrérie religieuse. Après trois ans de travaux, la Dar — nom donné à ces riads sans jardin intérieur mais dotés d’une cour — s’est muée en refuge feutré.
Cinq chambres cosy, imaginées de bout en bout par Valérie, ouvrent leurs portes aux voyageurs. Malles patinées, livres qui attendent d’être attrapés, ouverts, dévorés, tableaux aux murs, souvenirs glanés au fil des voyages : ici, le décor ne se contente pas d’habiller les lieux, il invite à s’installer, à ralentir, à se sentir chez soi. Dans le patio, quatre orangers distillent leur parfum au petit matin et dictent le rythme : lent, forcément.


Très vite, Dar Kawa fait tomber les défenses : on est ici chez soi. Massage sur la terrasse, produits bio à l’appui, petit-déjeuner dans le patio autour des crêpes marocaines de Saïda, et dîners servis par la brigade maison, en table d’hôtes, pour croiser d’autres voyageurs et refaire le monde dès l’apéro. Le petite verre, un rituel, incontournable : un vin gris à la main, face aux toits de la médina qui s’embrasent à la tombée du jour. En bas, la Ville Ocre s’agite; en haut, sur le rooftop, le temps suspend son souffle.





Photos@SC sauf 5@Dar Kawa

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