Ouvert en mars 2020, quelques jours avant l’apocalypse sanitaire, Maïnoï a d’abord régalé en mode traiteur, avant de décrocher un Bib Gourmand Michelin en 2022.
2025, Gault&Millau consacre Maïnoï comme Meilleur Restaurant Asiatique de Belgique. Autant dire que cette enseigne n’a plus rien à prouver. Pourtant, malgré les trophées alignés comme des perles, Maïnoï continue de surprendre.
La recette ? Deux fortes têtes, Fon en salle, éloquente,Tan aux fourneaux, chef libre, joueur, et diablement inspiré. Ensemble, ils signent une partition déroutante alimentée par une envie contagieuse d’emmener la gastronomie thaïlandaise à la rencontre de la cuisine franco-belge.



Dans l’assiette, des produits venus tout droit d’Asie, d’autres issus du terroir belge : légumes du maraîcher bio Guigui’s Farm, viandes de la ferme Hoeve Cuvry et de la boucherie Allaert, fleurs comestibles bio, etc. Entre les deux, un pont culinaire qui déroule des assiettes jamais découvertes ailleurs. Certes, à première vue, la carte est plutôt sage. Attendez de lire les menus et les suggestions du moment. Là, Tan se lâche, dégaine sa créativité et sort le grand jeu.
Ce dimanche, on attaque avec des croquettes de scampis dans un curry rouge maison — c’est le meilleur jamais savouré. En face, un gravlax de saumon qui envoie du peps : herbes, citron vert, émulsion aux agrumes et whisky thaï. Un feu d’artifice.
Retour au calme. Le Laab Kaï débarque avec son poulet haché, menthe, coriandre et piment : frais, vif, bien balancé… Il sait se faire remarquer sans vous griller les papilles. Le canard au basilic thaï entre en scène : juteux, intense, parfumé — chaque bouchée mérite son coup de fourchette impatient.
Fon prend le relais et sort l’artillerie œnologique : une carte de vins du monde à faire pâlir un sommelier globe-trotter (Barolo, Morgon, Châteauneuf-du-Pape). Au verre ? Un Duo des mers sauvignon-viognier, bien frais, qui flirte sans complexe avec le curry.





Tan revient et lève le rideau sur un ovni culinaire : ravioles de homard chic, boudin gris rustique, épices thaïes, réunis dans un plat canaille d’ici et de là-bas. Un grand écart redoutable, entre finesse et caractère. Pour finir, une crème brûlée au jasmin et thé bleu, escortée d’un petit shot de Mekhong.
Un dimanche sous le signe du panache, du goût, du cœur. Avec ce petit grain de folie qui change tout. À inscrire direct dans les annales de la gastronomie créative et résolument décomplexée. Coup de coeur.



Photos ©Servane Calmant
https://www.instagram.com/mainoithai/

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