À 5 minutes du célèbre Lion de Waterloo, cette villa bourgeoise entourée de campagne en impose d’emblée. À l’intérieur, surprise : aucun bouddha doré, pas l’ombre d’une lanterne en papier ni de coussins colorés. À la place, des stores en bois qui réchauffent l’ambiance, et un éclairage cosy. La sobriété est revendiquée, l’élégance affirmée.
Aux fourneaux, Salina taille au couteau et assaisonne avec autant de précision que de tempérament, une cuisine thaïlandaise de haut vol. En salle, Steven, son complice, soigne les détails et déniche les flacons qui font chanter les assiettes. À eux deux, ils ont ouvert, il y a un an, Baan Sali.



On débute les réjouissances avec une entrée d’un autre temps, aussi rare que précieuse sur nos tables européennes : la Tiang, une collation royale ancienne en forme d’omelette garnie de viande hachée, de cacahuètes croquantes, de poivre noir et de racine de coriandre. Belle découverte.
Viennent les plats, ceux qui racontent la Thaïlande de Hat Yai à Chiang Mai. Le Khao Soï, curry brun typique du Nord, arrive fumant : poulet tendre, nouilles croquantes, et ce parfum qui monte aux narines. Un délice. En face, le Khao Kluk Kapi crée le spectacle : riz sauté à la pâte de crevettes fermentée, cortège d’accompagnements — saucisse thaïe, poulet, mangue verte, échalote, omelette. On compose soi-même sa bouchée, comme un peintre devant sa toile. Une explosion de textures, douceur, acidité et umami, le tout relevé d’un trait de citron vert. Joyeux, raffiné. C’est, dit-on, le plat favori du roi Rama V. En dessert, un trio simple et redoutable : riz gluant, lait de coco, mangue sucrée. Une bouchée, et la salle s’efface — ne restent que les plages de rêve du Siam.






Photos ©Servane Calmant

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