Cobergher Hotel*****, Courtrai, Belgique

Au cœur de Courtrai, la Lys déroule ses eaux tranquilles. C’est elle qui donne le tempo, presque indifférente à l’agitation des pavés. Sur ses rives, à deux enjambées du béguinage Sainte-Élisabeth, des Tours de Broel et du beffroi, l’hôtel Cobergher ne se fond pas dans le décor : il s’impose.

Derrière sa façade tirée à quatre épingles, cette demeure patrimoniale dessinée à la fin du XVIe siècle par Wenceslas Cobergher — cerveau, architecte, peintre, ingénieur — a traversé les siècles avant de s’offrir une seconde vie. Quatorze ans de travaux, de patience et d’orfèvrerie plus tard, la voilà métamorphosée en boutique-hôtel ultra-raffiné, couronné d’un cinq étoiles « superior ». Une renaissance en grande pompe.

À peine le seuil franchi, le décor plante son intrigue : coupe de champagne au salon, feu qui crépite dans la cheminée. Elégance ciselée, baroque pleinement assumé, exotisme revendiqué, décors théâtralisés. Le maître décorateur Pieter Porters, épaulé par le bureau Dejaegere, a orchestré pendant quatre ans ce dialogue serré entre héritage flamand et grand confort étoilé.

18h. Le « Bar Mémoir » ouvre le bal. On y vient pour un premier cocktail ou un dernier tour de piste, on y reste pour grignoter, croque-monsieur à la truffe, dim sum voyageurs. Pour le dîner, cap sur un superbe atrium coiffé d’une verrière d’époque : gastronomie éclairée.

Les 17 chambres jouent chacune leur partition. Chaque porte ouvre sur une petite fiction flamande. L’hôtel aligne aussi des chambres exécutive, calibrées pour les hommes d’affaires — élégantes, oui, mais bien moins flamboyantes que celles griffées par Porters. À l’horizon 2028, quatorze exécutive supplémentaires sont annoncées, ainsi qu’une brasserie.

Pour l’heure, la nôtre — la 8, signée Porters — déploie l’artillerie lourde : décor millimétré, mini-bar intégralement offert, scénographie lumineuse pensée dans les moindres détails — mode jour, nuit, et même éclairage pour amoureux — et literie à faire pâlir plus d’un palace. Ici, on ne dort pas : on s’abandonne.

Le petit-déjeuner (52 euros en semaine, 56 le week-end) ne fait pas dans la demi-mesure : il affiche, comme le reste, l’ambition de la maison. Servi sous la verrière, le festin aligne les classiques — saumon, pata negra, viennoiseries dorées — et des assiettes chaudes servies jusqu’à 10 heures, en faisant sauter le champagne sans compter. Ouvert aux non-résidents, ce petit-dej’ joue à guichet fermé jusqu’en avril. A Courtrai, on sait manifestement où bien commencer la journée.

A l’étage, hammam et sauna (uniquement privatisables) imposent le même rythme — celui du temps qui s’étire. Une invitation à se laisser happer par l’un des plus beaux hôtels de Belgique.

Photos@ SC

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