Les Marolles, le Palais de Justice en ligne de mire, les rues Haute et Blaes à deux pas avec leurs brocanteurs, antiquaires et boutiques vintage. On monte vers la rue des Prêtres. Ici, pas grand-chose à regarder en chemin : des logements, et l’imposant ancien dispensaire Albert-Elisabeth devenu immeuble à appartements. Pas follement sexy.
Puis, au numéro 4, le Stekerlapatte et Bruxelles qui enchante : escalier en bois, tapisseries brodées, caricatures, illustrations et vieilles affiches. Au mur, notamment, celle du Bruxellois Paul Vankueken, qui réunit Merckx, Brel, le Grand Jojo, Morris et quelques autres figures bien de chez nous.
Dans la salle à manger, ça sent le vieux bistrot comme on les aime : bois, miroirs, anciens comptoirs. Au plafond, des marionnettes traditionnelles, dont un Saint-Michel en mode archange guerrier, couronne vissée sur la tête et ailes blanches déployées.
Ici, pas question de faire semblant d’être dans le coup : le Stekerlapatte est né en 1974, et il assume son âge. Tant mieux !





C’est le patron lui-même, Luc Wittevrouw, qui officie aux fourneaux, avec l’ambition de servir le meilleur de la cuisine bistrotière belge. Et la carte est aussi généreuse que sa cuisine.
On démarre avec une terrine maison gourmande, quoique légèrement en manque d’épices. Impossible de trancher entre les deux croquettes : crevettes grises ou fromage d’Orval ? Alors, on prend les deux. Et on a bien fait. L’Orval affiche un goût franc, plein de caractère, avec une légère amertume qui s’attarde en fin de bouche. La croquette aux crevettes, elle, ne lésine pas sur la garniture avec un solide goût iodé qui ne trompe personne. Franchement, gros coup de saveur.
Pour la suite, le choix s’annonce cornélien : la carbonnade de bœuf à la Chimay bleue, l’une des stars de la maison, ou la saucisse-stoemp ? Finalement, on bifurque. Une cuisse de lapin à la Kriek Boon pour l’un, un bloempanch pour l’autre. Le boudin noir arrive sur son tapis de pommes caramélisées, flanqué d’une salade de chicons. Sucré, amer, salé : c’est carrément une tuerie ! Pour finir ? Une gaufre de Bruxelles, évidemment, avec son nuage de chantilly.
Ici, on ne compte pas les calories. On mange. On se régale. Et on arrose le tout d’une jolie sélection de bières belges.
Cela faisait 20 ans qu’on n’avait plus remis les pieds au Stekerlapatte. On attendra moins longtemps avant d’y retourner !





Photos ©Servane Calmant
https://www.austekerlapatte.be/fr

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